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Vrai. Le consumérisme est un bébé généré du postmodernisme qui infiltre nos cœurs. L’homme ne pense qu’au moi.
Liturgie

L'Église du Dieu vivant : Revenir à la source (Ad Fontes)

Simon Arseneault
Simon Arseneault
12/12/2025·7 min read

L'Église du Dieu vivant : Revenir à la source (Ad Fontes)

Introduction

Dans une époque marquée par l'individualisme, le consumérisme spirituel et une méfiance croissante envers toute forme d'autorité, l'appartenance à une Église locale fidèle devient un véritable acte de foi. Beaucoup de croyants sincères se heurtent à des difficultés relationnelles, à des incompréhensions doctrinales ou à des blessures réelles et douloureuses dans leur parcours ecclésial. Ce texte se propose comme une réflexion pastorale, centrée sur l'identité biblique de l'Église, afin de rappeler la nécessité d'une appartenance enracinée, humble et confessante. Il s'agit ici d'une invitation à l'examen personnel, à la lumière de l'Écriture, dans l'esprit d'une fidélité humble et d'une soumission joyeuse au Christ, Tête de l'Église.

L’Église appartient à Dieu

L’Église n’est ni un club spirituel, ni une entreprise humaine, ni un lieu de mise en valeur personnelle. Elle est le peuple de Dieu, l’épouse du Christ, le temple du Saint-Esprit (1 Co 3.16–17). Elle est constituée de ceux que Dieu a appelés à lui, rachetés par le sang de l’Agneau, unis à Christ et les uns aux autres.

Nous ne pouvons pas en revendiquer la propriété. Elle est à Christ seul. Nous y sommes invités, comme des enfants adoptés, des hôtes gracieusement accueillis dans une maison qui ne nous revient pas, mais dans laquelle une place nous a été préparée (Jean 14.2). C’est dans cette posture que nous devons considérer l’Église : non comme un prolongement de notre volonté, mais comme le lieu désigné par Dieu pour notre sanctification.

Cela implique :

-L’humilité de reconnaître que nous sommes accueillis par grâce.

-La soumission à la structure que Dieu a donnée.

-Le refus de nous comporter comme des consommateurs ou des propriétaires.

"Car la maison appartient à celui qui l’a bâtie... or, celui qui a bâti toutes choses, c’est Dieu" (cf. Hébreux 3.3–6).

Les dérives du zèle déconnecté de l'ordre ecclésial

Le zèle doctrinal ou spirituel, aussi sincère soit-il, peut dévier lorsqu’il n’est pas enraciné dans une vie d’Église régulière, soumise à l'ordre établi par Dieu. Plusieurs tendances modernes révèlent cette fracture entre enthousiasme religieux et soumission ecclésiale :

1.Particularismes identitaires

Lorsqu'on laisse nos préférences culturelles, tempéramentales ou idéologiques dicter ce que l'Église devrait être (style de prédication, structure, liturgie, etc.), on perd de vue l’universalité et la transcendance de l’Église du Christ. Cela inclut :

Le refus de se plier à une Église qui ne correspond pas à notre "format" préféré.

La survalorisation de notre parcours ou de notre tempérament personnel comme mesure du fonctionnement ecclésial.

2. Pragmatisme utilitariste

Chercher une Église qui "fonctionne pour moi", qui répond à mes besoins immédiats, est un piège. L’Église n’est pas un produit spirituel, mais un corps vivant ordonné par Dieu, un lieu d’adoration, de formation, de discipline et de communion.

3. Spiritualité exaltée non soumise

Une exaltation autour des dons, des expériences ou de manifestations spectaculaires (visions, miracles, prophéties...) devient un danger lorsqu'elle n’est pas soumise à la Parole de Dieu, au discernement des anciens, et au cadre de l’Église locale. Le zèle est bon, mais il doit être canalisé :

-Un feu dans un foyer éclaire et réchauffe ; un feu hors du foyer détruit.

-"Que tout se fasse avec bienséance et avec ordre." (1 Corinthiens 14.40)

L’identité biblique de l’Église : qui est-elle vraiment ?

L’Église est appelée à être visible et locale, universelle et confessante. Elle est identifiée par les marques suivantes, bien établies dans la tradition réformée :

-La prédication fidèle de la Parole.

-L’administration fidèle des ordonnances (baptême et Cène).

-L’exercice de la discipline ecclésiale.

-Une vocation multiple : culte, doctrine, communion, mission

L’Église n’est pas définie uniquement par son rôle missionnaire, bien que celui-ci soit essentiel. Elle est aussi :

-Communauté d’adoration : Elle rend gloire à Dieu.

-Communauté de formation : Elle édifie les croyants dans la saine doctrine.

-Communauté d’amour : Elle manifeste la réalité de l’Évangile par la communion fraternelle.

-Communauté en mission : Elle proclame Christ au monde.

"Moi, je suis le cep, vous êtes les sarments... sans moi vous ne pouvez rien faire." (Jean 15.5)

Le lien organique au Christ est fondamental : c’est de cette union que découle toute la vie de l’Église.

Une Église confessante

L’identité de l’Église est aussi enracinée dans sa confession. Adhérer à une confession de foi fidèle à l’Écriture n’est pas une prison, mais une protection. Cela permet :

-De conserver le bon dépôt.

-De discerner l’erreur.

-De garder l’unité.

Les pathologies d'une conception erronée de l’Église

Plusieurs attitudes modernes affaiblissent la vie ecclésiale. Voici quelques-unes des plus courantes :

1. L’Église comme espace d’auto-expression

Certains voient l’Église comme un lieu d’expression personnelle : leurs émotions, leurs besoins, leurs talents doivent y être reconnus à tout prix. Cela engendre :

-De la frustration lorsque les attentes ne sont pas satisfaites.

-Une confusion entre ministère et plateforme d’expression.

2. Le refus de l’ordre et de la discipline

Beaucoup rejettent toute autorité spirituelle, préférant une Église fluide, sans structure. Mais :

-Christ a établi des anciens pour enseigner, guider, corriger.

-La discipline n’est pas punitive mais sanctifiante.

3. Le consumérisme spirituel

Changer d’Église au gré des préférences, sans ancrage, affaiblit toute croissance. Cela empêche l’engagement réel et la fidélité dans la durée.

4. L’agnosticisme ecclésiologique

Ne pas vouloir se positionner sur la doctrine de l’Église, fuir l’appartenance formelle, est aussi une posture en soi. L’Église locale devient alors un simple lieu de passage.

Ces dérives manifestent un oubli profond de ce que nous avons reçu :

"Qu’as-tu que tu n’aies reçu ? Et si tu l’as reçu, pourquoi te glorifies-tu ?" (1 Co 4.7)

Et elles révèlent un refus du chemin de la croix :

"Insultés, nous bénissons ; persécutés, nous supportons..." (1 Co 4.11–13)

Les ordonnances : signes de l’appartenance et de la communion

Le baptême :

1.Signe de l’entrée visible dans l’alliance.

2.Acte public d’engagement et d’intégration au peuple de Dieu.

La Cène :

1.Signe de la communion renouvelée avec le Christ et avec l’Église locale.

2.Repas de la nouvelle alliance exclusif au membre de celle-ci.

3.Non pas une expérience individuelle, mais un acte communautaire enraciné dans l’unité confessante.

Refuser l’Église locale tout en demandant la Cène est une contradiction : on ne peut recevoir le signe sans appartenir au corps qu’il symbolise.

Le rôle du confessionnalisme et du PRC (Principe régulateur du culte)

Le confessionnalisme:

Il rappelle à l’Église son identité historique, doctrinale, théologique. Il permet de :

-Se souvenir d’où elle vient.

-Distinguer l’erreur de la vérité.

-Marcher en communion avec les saints d’hier et d’aujourd’hui.

Le PRC ( Principe Régulateur d'Adoration/Culte):

Le principe régulateur du culte enseigne que nous ne devons offrir à Dieu dans le culte que ce qu’il a expressément ordonné dans sa Parole. Cela :

-Protège le culte d’innovations humaines.

-Garde l’adoration centrée sur Dieu, non sur nos goûts ou notre créativité.

-L’Église véritable est Ad Fontes : ramenée sans cesse à la source.

-"Christ est le bâtisseur de la maison" (Hébreux 3).

Conclusion : L’Église, notre maison d’accueil par grâce

L’Église ne nous appartient pas. Elle ne trouve pas son origine dans notre volonté, ni sa structure dans nos préférences. Elle est une maison bâtie par Christ, composée de pierres vivantes que lui-même appelle, rassemble, façonne et garde.

Oui, elle nous est donnée comme une maison d’accueil — une maison où nous avons une place non parce que nous l’avons méritée, mais parce que la miséricorde du Maître nous y a conduits. Il est tout à fait possible, et même inévitable, que cette Église nous blesse, nous déçoive, nous confronte. Mais c’est précisément là que s’exerce notre fidélité :

Sommes-nous prêts à user de la même compassion que celle que nous avons reçue ? (cf. Matthieu 18.23–35)

Sommes-nous prêts à aimer Christ au travers d’elle, à aimer nos frères tels qu’ils sont, à mourir à nous-mêmes pour leur bien ?

-"Sans moi, vous ne pouvez rien faire." (Jean 15.5)

-"L’Église n’est pas le miroir de notre image, mais celui de notre transformation." (2 Co 3.18)

Soli Deo Gloria

Que cette Église visible, bien qu’imparfaite, soit pour nous un creuset de grâce, un lieu de sanctification, et une école d’amour. Non parce qu’elle est conforme à nos attentes, mais parce qu’elle est conforme au dessein éternel de Dieu, manifesté en Jésus-Christ.

Simon Arseneault

Autodidacte en théologie. Je suis passionné pour le Seigneur et sa Parole , elle m'a transformer et continue de le faire. Je partage ici le fruit de cet appel.

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