Amillénarisme

Le Royaume qui renverse les murailles

Simon Arseneault
Simon Arseneault
12/12/2025·4 min read

Série sur l'amillénarisme, 5 sur 8

Le Royaume qui renverse les murailles

« Car les armes avec lesquelles nous combattons ne sont pas charnelles, mais elles sont puissantes devant Dieu, pour renverser des forteresses. » (2 Co 10:4)

Introduction : du percement à l’effondrement

Dans l’article prĂ©cĂ©dent, nous avons contemplĂ© la lumiĂšre du Royaume qui transfigure et dĂ©voile la gloire du Christ. Mais cette lumiĂšre n’est pas seulement rĂ©vĂ©latrice : elle est combative. Le Royaume ne se contente pas d’éclairer, il renverse. Il n’attend pas une transformation future, il abaisse dĂšs aujourd’hui les murailles qui s’élĂšvent contre la vĂ©ritĂ©. JĂ©richo, MichĂ©e, Daniel et l’image de la pierre qui devient montagne annoncent un seul et mĂȘme Roi : celui qui dĂ©fait l’ordre du monde pour Ă©tablir son rĂšgne Ă©ternel. L’amillĂ©narisme proclame que ce combat spirituel et cette victoire ne sont pas diffĂ©rĂ©s Ă  un millĂ©nium terrestre, mais dĂ©jĂ  en marche dans l’action de l’Église.

I. La trompette du Royaume et les murailles tombées

À JĂ©richo, ce n’est pas la puissance militaire qui fit tomber les murailles, mais l’obĂ©issance Ă  la parole divine (Jos 6). La trompette annonçait jugement et dĂ©livrance. Cette scĂšne prophĂ©tique trouve son Ă©cho dans le Nouveau Testament :

« Car le Seigneur lui‑mĂȘme, Ă  un signal donnĂ©, Ă  la voix d’un archange, au son de la trompette de Dieu, descendra du ciel  » (1 Th 4:16).

La trompette est le signe eschatologique du Royaume. À JĂ©richo, les murailles tombent sous le cri de l’obĂ©issance ; Ă  la croix, les forteresses du pĂ©chĂ© et de la mort s’effondrent sous la victoire du Christ. La ruine des puissances est dĂ©jĂ  acquise, non un espoir lointain.

II. La brÚche prophétique et la montée du Roi

MichĂ©e 2:13 annonce : « Celui qui fait la brĂšche montera devant eux
 leur roi passera devant eux, et l’Éternel sera Ă  leur tĂȘte. »

Ce n’est pas IsraĂ«l qui ouvre la voie, mais Dieu lui‑mĂȘme. La brĂšche n’est pas gĂ©opolitique : elle est christologique. JĂ©sus, par sa croix, brise les murailles du pĂ©chĂ© et de la mort. Il est le Roi qui ouvre un passage vers la libertĂ© spirituelle. L’amillĂ©narisme souligne que cette brĂšche n’attend pas un Ăąge futur : elle est dĂ©jĂ  ouverte, et l’Église marche derriĂšre son Roi.

III. La pierre et la montagne

Daniel 2:35 proclame : « La pierre qui avait frappĂ© la statue devint une grande montagne et remplit toute la terre. »

Cette pierre, non taillĂ©e de main d’homme, est le Christ. Elle Ă©crase les royaumes idolĂątres et devient le fondement du temple spirituel : l’Église, composĂ©e de pierres vivantes (1 Pi 2:5). JĂ©sus, pierre rejetĂ©e, inaugure une nouvelle Ăšre oĂč sa domination s’étend non par l’épĂ©e, mais par l’Évangile. La pierre devient montagne : le Royaume est dĂ©jĂ  Ă©tabli, invisible mais rĂ©el, et il remplit la terre par la proclamation de la Parole.

IV. Le Royaume invisible qui renverse les forteresses

Paul rappelle que « les armes avec lesquelles nous combattons ne sont pas charnelles » (2 Co 10:4‑5). Le combat chrĂ©tien est spirituel : il renverse les raisonnements et les puissances par l’Évangile, la priĂšre et l’Esprit.

La victoire de David sur Goliath prĂ©figure celle du Christ. La pierre qui frappe Goliath annonce la pierre vivante qui Ă©crase la tĂȘte du serpent (Gn 3:15). Par sa croix, JĂ©sus accomplit la promesse originelle : il scelle la victoire dĂ©finitive de Dieu sur les puissances. L’amillĂ©narisme insiste : ce rĂšgne n’est pas futuriste, il est dĂ©jĂ  en cours, mĂȘme s’il reste Ă  consommer.

Conclusion eschatologique

L’amillĂ©narisme proclame que le rĂšgne du Christ est dĂ©jĂ  inaugurĂ©. JĂ©richo est tombĂ©e, la brĂšche est ouverte, la pierre est en marche. Les puissances de ce monde sont renversĂ©es non par les armes humaines, mais par la parole et la puissance du Royaume. L’Église vit dĂ©jĂ  dans cette rĂ©alitĂ©, jusqu’à ce que toute la terre soit remplie de la connaissance de Dieu (Hab 2:14).

« Et cette bonne nouvelle du royaume sera prĂȘchĂ©e dans le monde entier  » (Mt 24:14).

Le Royaume est invisible mais triomphant. Nous sommes dĂ©jĂ  dans l’ùre de la pierre qui devient montagne, renversant les forteresses et l’orgueil des hommes.

Commentaires et approfondissements

- Augustin, CitĂ© de Dieu, XIX, 17 : « La citĂ© de Dieu grandit sur les ruines des citĂ©s de ce monde. »

- Calvin, sur 1 Pi 2:7 : « La pierre rejetĂ©e
 devient fondation du Royaume spirituel, et ruine pour ceux qui ne croient pas. »

- Henri Blocher, FlorilĂšge thĂ©ologique : « Le Christ vainqueur n’est pas une interruption, mais l’accomplissement, une pierre de renversement qui devient aussi rocher de refuge. »

- Jacques Ellul : « Le Royaume ne s’installe pas, il perfore. Il renverse ce qui s’élĂšve. »

Simon Arseneault

Autodidacte en théologie. Je suis passionné pour le Seigneur et sa Parole , elle m'a transformer et continue de le faire. Je partage ici le fruit de cet appel.

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