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Par cet article, on comprend la pensée selon laquelle l’évangile du Christ est eschatologique dans sa nature à restaurer la bonne pensée de l’éternité que Dieu a placée dans le cœur de l’homme. @SimonA
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L’évangile du Christ restaure la pensée du Créateur. Seulement en Christ, nous redécouvrons notre nature « créée à l’image de Dieu ».
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En Christ, l’eschatologie retrouve son vrai centre. L’histoire a une fin parce qu’elle a un but — et ce but, c’est la gloire du Christ, l’Alpha et l’Oméga (Apocalypse 22.13).
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@Judith
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Excellent article! Merci beaucoup!
Apologétique

Toute eschatologie révèle la nostalgie de l’Imago Dei

Simon Arseneault
Simon Arseneault
12/12/2025·5 min read

Toute eschatologie révèle la nostalgie de l’Imago Dei

« Il a mis dans leur cœur la pensée de l’éternité »

— Ecclésiaste 3.11

1. L’homme, un être orienté vers la fin

Peu importe ses croyances, tout être humain possède une eschatologie.

Ce mot théologique, souvent cantonné aux débats sur la fin du monde, désigne plus fondamentalement notre vision de la finalité de l’existence : vers quoi tout converge, quel sens ultime nous donnons à la vie, à la mort et à l’histoire.

Même le plus matérialiste des hommes vit en fonction d’une fin — qu’il s’agisse du plaisir, du progrès, de la mémoire qu’il laissera ou de la survie de l’espèce.Nous sommes incapables de vivre sans télos (but, orientation).

Comme l’écrit Henri Blocher :

« L’homme est un être projeté en avant : il vit d’espérance, même s’il ne sait plus où la placer. »

(Révélation des origines, p. 23)

Cette structure de l’espérance est inscrite dans notre être même, car nous avons été créés à l’image de Dieu (Imago Dei).

Être à Son image, c’est être appelé à refléter Sa gloire et à participer à Son dessein.

C’est pourquoi l’homme ne peut se penser autrement que dans une histoire orientée : il tend vers quelque chose — ou plutôt vers Quelqu’un.

2. Quand l’espérance se dévoie : les eschatologies de remplacement

Mais depuis la chute, cette orientation naturelle vers Dieu s’est corrompue.

L’homme n’a pas cessé de désirer la plénitude, mais il a cherché à l’atteindre sans Dieu. C’est la racine même de l’idolâtrie : détourner l’élan spirituel vers la créature plutôt que vers le Créateur (Romains 1.25).

Ainsi sont apparues des eschatologies séculières, copies tronquées de l’espérance biblique :

-le progrès humaniste, qui promet un paradis terrestre par la science ou la morale ;

-le spiritualisme moderne, qui recherche une paix intérieure sans repentance ;

-le pragmatisme matérialiste, qui réduit la fin de l’homme à sa réussite présente ;

-et même certaines utopies politiques, qui prétendent instaurer la justice finale par la seule volonté humaine.

Ces horizons promettent tous une “rédemption”, mais sans Rédempteur.

Ils conservent la forme du désir de salut, tout en en niant la substance.

Bavinck l’a bien vu :

« L’humanité ne peut vivre sans religion, mais si elle rejette le vrai Dieu, elle s’en fabrique toujours un autre. »

(Dogmatique réformée, t. 4)

La soif d’éternité subsiste, mais elle s’attache à de faux objets. C’est une nostalgie du Royaume, mais amputée du Roi.

3. L’Évangile : l’eschatologie réorientée

Le christianisme ne rejette pas ce désir d’accomplissement : il le guérit et le redirige.

En Christ, l’eschatologie retrouve son vrai centre. L’histoire a une fin parce qu’elle a un but — et ce but, c’est la gloire du Christ, l’Alpha et l’Oméga (Apocalypse 22.13).

Le Royaume de Dieu est déjà venu par la résurrection, mais pas encore pleinement accompli.

Ce “déjà et pas encore” façonne toute la vie chrétienne :

-il donne du poids éternel à chaque acte du présent (1 Corinthiens 15.58) ;

-il nous garde d’un désengagement fataliste comme d’un activisme désespéré ;

-il nourrit une foi lucide et joyeuse : la victoire est certaine, même si nous marchons encore dans le combat.

Pierre résume cette tension dans une seule phrase :

« Puisque tout cela doit se dissoudre, quelles gens devez-vous être par une sainte conduite et par la piété ? » (2 Pierre 3.11)

L’eschatologie chrétienne ne nous pousse pas à fuir le monde, mais à y vivre comme des témoins du monde à venir.

4. L’Imago Dei et la nostalgie du Royaume

Dire que toute eschatologie révèle la nostalgie de l’Imago Dei, c’est reconnaître que le cœur humain porte encore la trace de sa vocation originelle. Même corrompu, l’homme ne peut se défaire de son orientation vers la transcendance.

C’est le sensus divinitatis dont parlait Calvin : cette conscience diffuse du divin qui demeure en chaque être humain (Inst. I.3.1).

Mais seul le Christ, image parfaite de Dieu (Colossiens 1.15), peut restaurer en nous cette image brisée. C’est en Lui que notre eschatologie cesse d’être errance pour devenir adoration.En Lui, la nostalgie devient espérance ; le manque devient promesse.

C.S. Lewis l’a magnifiquement exprimé :

« Si je trouve en moi un désir qu’aucune expérience de ce monde ne peut satisfaire, c’est probablement que j’ai été fait pour un autre monde. »

(Mere Christianity)

Cette phrase résume tout le drame et la beauté de notre condition : nous sommes des pèlerins du temps, en quête d’un Royaume qui ne passe pas.

Conclusion : la fin est une personne

Oui, tout le monde a une eschatologie.

Mais une seule conduit à la vie véritable : celle où la fin est une personne — Jésus-Christ, Seigneur du temps et de l’éternité.

À travers Lui, l’histoire trouve son sens, le cœur trouve son repos, et la création entière soupire dans l’attente de sa restauration (Romains 8.19-21).

C’est pourquoi l’Église ne regarde pas l’avenir avec crainte, mais avec espérance :

« Viens, Seigneur Jésus ! » (Apocalypse 22.20)

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Bibliographie indicative

Jean Calvin, Institution de la religion chrétienne, Livre I, chap. 3.

Herman Bavinck, Dogmatique réformée, t. 4 : L’œuvre de Dieu et la consommation.

Henri Blocher, Révélation des origines (Emmaüs, 1979).

C.S. Lewis, Mere Christianity (1952).

Jacques Ellul, L’espérance oubliée (1972).

Simon Arseneault

Autodidacte en théologie. Je suis passionné pour le Seigneur et sa Parole , elle m'a transformer et continue de le faire. Je partage ici le fruit de cet appel.

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