(1)Attributs des Écritures , une série qui survol ces attributs essentiels.
L’Autorité des Écritures : Dieu parle, l’Église écoute
« Toute Écriture est inspirée de Dieu et utile pour enseigner, pour convaincre, pour corriger, pour instruire dans la justice. »
— 2 Timothée 3.16
Introduction : Une question vitale
Dans un monde où la voix de Dieu est souvent relativisée, où les opinions humaines prennent le pas sur la vérité révélée, l’Église doit réaffirmer avec clarté une conviction fondamentale : les Saintes Écritures possèdent une autorité absolue, divine, infaillible. Cette conviction ne repose pas sur la tradition, sur l’Église ou sur l’expérience, mais sur la nature même de Dieu qui parle.
Croire en l’autorité de la Bible, ce n’est pas idolâtrer un livre, c’est se soumettre humblement à la voix de Celui qui a créé les cieux et la terre, qui a parlé par les prophètes, et qui, en ces derniers temps, nous a parlé par son Fils (Hébreux 1.1-2). L’Écriture est la norme des normes, norma normans non normata : la règle qui juge toutes les autres, mais qui n’est elle-même jugée par aucune.
I. L’origine divine des Écritures
L’autorité de la Bible découle de son origine : elle est la Parole de Dieu, non simplement un recueil de paroles humaines sur Dieu. Comme le dit l’apôtre Paul :
« Toute Écriture est inspirée de Dieu » (theopneustos, litt. "soufflée de Dieu") — 2 Timothée 3.16.
Pierre ajoute :
« Ce n’est pas par une volonté humaine qu’une prophétie a jamais été apportée, mais c’est poussés par le Saint-Esprit que des hommes ont parlé de la part de Dieu. » — 2 Pierre 1.21
Ces deux affirmations résument ce que la foi chrétienne confesse : l’Écriture est d’origine divine dans sa totalité, bien que transmise par des auteurs humains. Dieu est l’auteur principal. La Bible ne devient pas Parole de Dieu lorsqu’elle est lue ou reçue ; elle est la Parole de Dieu en vertu de son inspiration.
La Confession de foi baptiste de 1689, dans son premier chapitre, affirme :
« L’autorité de la Sainte Écriture, au regard de laquelle on doit croire l’Écriture Sainte, ne dépend pas du témoignage d’un homme ou d’une Église, mais entièrement de Dieu (qui est lui-même la vérité), l’Auteur ; et elle doit donc être reçue parce qu’elle est la Parole de Dieu. » (§4)
II. L’autorité des Écritures sur l’Église
La Réforme protestante a été, à sa racine, un retour à cette vérité : l’Écriture seule (Sola Scriptura) est la règle infaillible de foi et de vie. Cela signifie que :
L’Église n’est pas au-dessus de la Parole, mais en est la servante.
Les traditions, les conciles, les confessions doivent être jugés à l’aune de l’Écriture.
Toute doctrine, tout enseignement, toute révélation privée doit être soumis à ce que Dieu a déjà dit.
C’est pourquoi Jésus réprimande les pharisiens non parce qu’ils croyaient trop l’Écriture, mais parce qu’ils l’avaient annulée au profit de leurs traditions (Marc 7.13). Il répond aux tentations en disant : « Il est écrit » (Matthieu 4). Les apôtres eux-mêmes s’y soumettaient : « Selon les Écritures » (1 Corinthiens 15.3-4).
Jean Calvin écrivait :
« Nous tenons que les Écritures ont leur certitude de leur propre excellence, et non de l’autorité de l’Église. » (Instituts, I.7.5)
III. Une autorité suffisante et souveraine
L’autorité des Écritures est objective, complète et finale. Elle n’a pas besoin d’être complétée par des traditions orales, des visions ou de nouvelles révélations. Ce que Dieu a révélé est suffisant pour connaître le salut, pour vivre pieusement, et pour équiper l’Église dans toutes ses œuvres :
« Afin que l’homme de Dieu soit accompli et propre à toute bonne œuvre. » — 2 Timothée 3.17
L’Écriture règne sur la conscience du croyant. Martin Luther, lors de la Diète de Worms, s’est écrié :
« Ma conscience est captive de la Parole de Dieu… je ne puis faire autrement. »
Cela veut dire que les croyants n’ont pas à se soumettre à des autorités religieuses qui imposeraient un fardeau en dehors des Écritures. L’Écriture seule donne la mesure du vrai et du faux, du juste et de l’injuste.
IV. Une autorité vivante et actuelle
L’Écriture n’est pas un simple document ancien. Elle est vivante, agissante, actuelle, car le Dieu qui l’a donnée agit encore par elle :
« La Parole de Dieu est vivante, efficace, plus tranchante qu’aucune épée… » — Hébreux 4.12
La Parole convertit, elle éclaire, elle sanctifie, elle juge les pensées et les intentions du cœur. Elle agit non parce qu’elle serait magique, mais parce que l’Esprit de Dieu l’applique puissamment au cœur (Jean 16.13-15).
Ce lien entre Parole et Esprit est fondamental dans la foi réformée :
« Le Saint-Esprit témoigne par elle et avec elle dans nos cœurs » (Confession de foi, §5).
C’est pourquoi nous affirmons que l’autorité de la Bible est vivante : elle parle encore aujourd’hui, par la prédication fidèle, la méditation, la lecture personnelle, l’étude communautaire.
Conclusion : Dieu a parlé, écoutons-Le
L’autorité des Écritures n’est pas une doctrine secondaire : elle est le fondement même de la foi chrétienne. Si Dieu a parlé, alors son peuple doit l’écouter. S’il ne l’a pas fait, alors toute foi devient subjective et mouvante. Mais si Dieu a réellement parlé, comme l’Écriture le proclame, alors nous devons nous soumettre avec joie et confiance à sa Parole.
Être réformé, ce n’est pas vénérer la Bible au détriment de Dieu, c’est reconnaître que Dieu a lié sa voix à l’Écriture — pour notre salut, notre sanctification et la gloire de son nom.
« Ta parole est la vérité » — Jean 17.17
« Ta parole est une lampe à mes pieds » — Psaume 119.105
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