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Nous avons besoin du Christ en entier, dans son obéissance passive et celle active. Solus Christus!
Théologie

L'obéissance active et passive de Jésus-Christ : cœur de la justice évangélique

Simon Arseneault
Simon Arseneault
12/12/2025·4 min read

L'obéissance active et passive de Jésus-Christ : cœur de la justice évangélique

Introduction

La croix du Christ, au cœur de la foi chrétienne, n’est pas un simple symbole de souffrance ou d’amour abstrait. Elle est l’aboutissement d’une vie parfaitement juste, conduite selon deux axes que la théologie réformée distingue soigneusement : l’obéissance active et l’obéissance passive du Christ. L’union des deux constitue la base sur laquelle la justice du croyant repose entièrement, par grâce, au moyen de la foi. Cette double obéissance, bien que souvent négligée ou réduite à une simple image, est au contraire une pierre d’angle dans la doctrine de la justification.

I. Définitions classiques : active et passive

Obéissance active : Il s’agit de la vie entière du Christ vécue dans une conformité parfaite à la Loi de Dieu. Il n’a pas seulement évité le mal ; il a accompli le bien, chaque précepte, chaque exigence morale. Galates 4:4-5 dit : « Dieu a envoyé son Fils, né d’une femme, né sous la loi, afin qu’il rachetât ceux qui étaient sous la loi… ». Cela signifie que Christ a vécu une vie que nous n’avons pas vécue — parfaitement juste.

Obéissance passive : C’est la soumission du Christ à la souffrance et à la mort pour nos péchés. Ce n’est pas qu’il a été passif, mais qu’il s’est laissé livrer volontairement. Ésaïe 53:7 dit : « Il s’est laissé maltraiter et il n’a pas ouvert la bouche. » Paul, dans Philippiens 2:8, résume ainsi : « Il s’est humilié lui-même, se rendant obéissant jusqu’à la mort, même jusqu’à la mort de la croix. »

II. Une seule justice, deux mouvements

Ces deux aspects ne s’opposent pas. Ils ne sont pas non plus des étapes séparées. Ensemble, ils forment la seule justice parfaite de Jésus-Christ, que Dieu impute à ceux qui croient (cf. 2 Corinthiens 5:21). Sa vie nous sauve autant que sa mort. Comme le dit Jean Calvin :

« En souffrant la punition qu’il devait subir pour nos péchés, en satisfaisant à la justice de Dieu, Christ nous a acquis la rémission. Et, en vivant saintement, il nous a mérité la justice. » (Institution de la religion chrétienne, II.16.5)

Cette affirmation est aussi confessée par le Catéchisme de Heidelberg, question 60 :

« [...] Dieu m’accorde et m’impute, sans aucun mérite de ma part, la parfaite satisfaction, justice et sainteté de Christ. »

III. Appuis confessionnels

Confession de foi de Westminster, chapitre 11, paragraphe 3 :

« Christ, par son obéissance et sa mort, a pleinement satisfait la justice de son Père, et a acheté, non seulement la réconciliation, mais aussi une héritage éternel dans le royaume des cieux pour tous ceux que le Père lui a donnés. »

Catéchisme de Heidelberg, question 60 (déjà citée).

Ces affirmations montrent que la justification ne se réduit pas à l'annulation de la dette (péché enlevé), mais inclut aussi le crédit d'une justice parfaite (justice imputée).

IV. Clarification : imputation de la justice ou de la vie ?

Certains objectent que la Bible ne parle jamais de la « vie de Christ imputée », seulement de sa mort. Mais cette objection ne tient pas compte du langage paulien, notamment dans Romains 5:18-19 :

« Par l’obéissance d’un seul, beaucoup seront rendus justes. »

Il s’agit ici d’une obéissance complète — active et passive. Il est aussi dit dans Romains 4:5 que « Dieu justifie l’impie », ce qui ne peut signifier seulement qu’il efface les fautes, mais qu’il accorde la justice de Christ. Cette justice est fondée sur toute sa vie, pas seulement sa mort.

V. Déploiement historique et apologétique

L'opposition historique entre la Réforme et l'Église de Rome portait justement sur ce point. Rome reconnaissait que Christ était mort pour nos péchés, mais soutenait que la justice devait être complétée par notre coopération (mérites, sacrements, etc.). La Réforme répondit que Christ seul avait satisfait à toute justice — activement et passivement — et que cela nous est entièrement imputé.

Ainsi, dans un contexte apologétique, défendre la double obéissance du Christ, c’est défendre l’unique fondement du salut gratuit.

VI. Implications pastorales et christocentriques

-Croire à la double obéissance de Christ, c’est trouver la paix :

-Je ne suis pas juste par ma performance, mais par la sienne.

-Je ne crains plus la Loi, car elle a été parfaitement gardée par Christ, pour moi..

-Je ne doute plus de l’amour de Dieu, car Christ a tout accompli pour moi.

*Cela fait du chrétien un adorateur libre, un serviteur zélé, et un témoin paisible.

Conclusion

L’obéissance active et passive de Jésus-Christ n’est pas une subtilité de théologiens, mais la substance même de l’Évangile. Toute justice vient de Dieu, par Christ, et nous est donnée par pure grâce. Ce mystère glorieux, reçu dans la foi, est la consolation suprême du croyant : tout est accompli, tout est donné, rien n’est à ajouter. Soli Deo Gloria.

Simon Arseneault

Autodidacte en théologie. Je suis passionné pour le Seigneur et sa Parole , elle m'a transformer et continue de le faire. Je partage ici le fruit de cet appel.

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